La marque « Kiplé » naît en 1953, fondée par Jacques Bouhelier (1929) à Morteau dans le Jura. Ce-dernier collabore à l’activité de son père Maurice (1904-1982), ouvrier horloger installé à son compte depuis 1949 au 33 rue Neuve, où il fabrique des montres sous la marque Bouée avec des ébauches françaises. Son fils créera la marque « Kiplé, la montre qui plaît » en 1953 pour vendre les montres qui changent alors de nom. Les premières montres de la marque, dont celle présentée ici, ont ainsi été fabriquées dans l’atelier de Maurice Bouhelier. Outre la correspondance des ébauches de l’Horlogerie de Savoie (LORSA) avec l’activité de Maurice, le premier catalogue date de 1955.

Jacques Bouhelier  est davantage porté sur le commerce, il vend les montres produites par son père avant de créer la Société Mortuacienne d’Horlogerie (SHM) en 1958. Cette-dernière se consacre uniquement à la vente avant de reprendre la production en 1961. Perpétuant dans un premier lieu la méthode paternelle du montage sur base de mécanismes français, la société se spécialise dans la vente de grande distribution. La marque vend alors des produits variés et importés, tout d’abord dans la chaîne de magasin Carrefour, avant de s’étendre partout, jusqu’aux bureaux de tabac. La qualité baisse évidemment, les montres et autres réveils, horloges etc. étant fabriquées en Allemagne puis en Asie.

On peut noter que la SHM a racheté la célèbre marque LIP, basée à Besançon, en 1984 et délocalisé sa production à Morteau.

En 1986 l’entreprise compte 250 employés et produit 700 000 montres par an. Elle déposera le bilan quelques années plus tard en 1990 et sera rachetée au sein de divers actifs pour perdurer plus ou moins jusqu’à aujourd’hui. Autrement dit, la marque Kiplé n’existe plus vraiment et les productions comme l’objet du jour restent les vestiges d’une histoire artisanale française devenue peut être trop commerciale.

L’objet ci-contre est ainsi une montre « pointer-date », ou encore datographe, avec une aiguille à croissant qui vient simplement pointer la date. Système prisé dans les années 1950  qui nous change du plus répandu guichet. Les jours sont inscrits sur la lunette du boîtier que l’on peut tourner manuellement pour faire coïncider jour et date d’un mois à l’autre. Le boîtier est plaqué or 18 carats 40 microns, ce qui garantit un plaquage de qualité.

Montre équipée d’un mouvement LORSA, de l’Horlogerie de Savoie, second plus grand fabricant français d’ébauches, jusqu’à sa fermeture en 1980. Ils auront fabriqué des calibres sous le sigle LORSA mais également Horlogerie de Savoie (HS), comme ici.

Une ébauche est la base ou disons le châssis des mouvements mécaniques horlogers.

Je vous invite à consulter ce forum si cette marque vous intéresse ainsi que cette page du site du Patrimoine de Bourgogne-Franche-Comté : c’est là que j’ai pu trouver un très grand nombre d’informations et d’éclaircissements, et je tiens ici à remercier ses auteurs.

Montre Kiplé datographe 1955.
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Montre Kiplé datographe 1955.
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Publicité Kiplé 1955.
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Texte publicitaire Kiplé 1955.
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